La LÉGENDE DE YI L’ARCHER

 

Il y a de cela si longtemps, si longtemps que personne ne sait plus quand, vivait en Chine un chasseur renommé dans le pays tout entier pour son adresse et son audace. Il se nommait Hou Yi l’Archer, car tirer de l’arc était son occupation favorite et prenait la majeure partie de son temps.

Il chassait le menu gibier aussi bien que le gros. Il ne craignait ni les ours, ni les sangliers, ni même le buffle sauvage.
 Hou Yi tirait à l’arc avec tant de précision qu’il ne doutait jamais d’avoir touché son but. Une fois sa flèche lancée, invariablement elle atteignait la proie visée.
Il n’avait pas son pareil dans la Chine tout entière. Seul, son disciple, pouvait se mesurer avec lui. Et quand, de loin, les deux archers s’amusaient à tirer l’un sur l’autre, les pointes métalliques de leurs flèches se heurtaient dans l’air à mi-chemin, cliquetant et faisant jaillir une pluie d’étincelles. Toutefois le disciple n’en était pas encore à saisir au vol dans sa bouche les flèches d’un ennemi, comme le faisait Yi en manière de mépris.

Mais voici qu’un grand malheur s’abattit un jour sur la Chine. Le Ciel était en folie car le char du soleil unique avait embarqué ses neuf frères en même temps. Les dix soleils brillaient en même temps sans discontinuer nuit et jour. Les rayons ardents brûlèrent l’herbe, séchèrent les arbres, flétrirent les fleurs, fendirent le sol, tarient les sources, asséchèrent les rivières et les fleuves. Hommes et animaux périssaient de faim et de soif.

L’Empereur céleste s’avisa du désastre causé par les dix fils aussi entra-t-il en fureur et fit mander Yi pour anéantir les Dix soleils dont la sauvagerie causait autant de misère et de dévastation.

Yi prépara donc dix flèches ; il choisit son arc le plus solide, celui en bois d’ébène ; il le tendit et lança les dix flèches l’une après l’autre avec une rapidité telle qu’il semblait n’en avoir lâché qu’une et que l’air résonnait d’un sifflement ininterrompu.
 Les flèches, dirigées en éventail, frappèrent chacune un soleil. Chacune? Non!

Neuf d’entre elles seulement atteignirent leur but car le dixième soleil, épouvanté, avait eu le temps de se cacher derrière une colline couverte de bambous. Il fit brusquement sombre sur la terre, et froid.
Yi l’Archer avait cru bien faire et voilà qu’il n’y avait plus ni lumière ni chaleur, les hommes et les bêtes dépérissaient de froid et les plantes ne pouvaient plus croître. Désespéré de ce nouveau malheur l’Empereur céleste rappela Yi auprès de lui.

Cependant, au bout d’un certain temps, le dernier soleil jeta un coup d’œil à travers les bambous, s’assura que Yi s’en était allé, et se releva tout doucement. Alors, lentement il remonta à l’horizon, traversa le ciel d’Orient en Occident. Son périple achevé il retourna prudemment se cacher de nouveau derrière la Terre.

Voilà pourquoi il y a le jour, et puis la nuit, et encore le jour et encore la nuit, assure-t-on en Chine.

Une autre légende évoque  son épouse Chang’E personnage lunaire qui a sa fête éponyme symbole de réunion familiale saisonnière à l’entrée de l’automne.

 

 

 

Maître ZHOU TONG


du “KŪNG DAO au T’AÏJI

 

On ne connaît pas de dates précises concernant la biographie de Zhou Tong, on sait qu’il mourût fin 1121. Zhou Tong fut au temps des Song, un Maître très renommé en archerie et autres arts martiaux qu’il aurait enseigné d’ailleurs à Shaolin. A l’origine, héros local de la région du Henan, il devint le précepteur, puis l’instructeur militaire d’un jeune homme aux talents prometteurs, nommé Yue Fei. Ce dernier dépassa toutes les espérances du Maître, quant à ses vertus et ses talents dans l’Art du tir à l’arc. Maître Zhou Tong récompensa son élève en lui offrant deux de ses propres arcs.                           (D’après cliché internet)

Après la mort de son Maître bien aimé, Yue fei, disciple fidèle, viendra régulièrement se recueillir sur sa tombe. Il surprenait tout le monde par des offrandes surpassant celles que l’on avait coutume de sacrifier habituellement à une telle personne.

Yue Fei a retenu les enseignements de son Maître. Devenu à son tour un dignitaire à la cour impériale et un militaire de haut rang, il a prodigué à ses troupes le meilleur en efficacité des arts martiaux. On dit que les Ba Duan Jin ( “8 pièces de brocart”) dao yin en qi gong, fut aussi son oeuvre originale. Il la promulgua au sein de ses troupes, pour donner à tous une condition d’être au mieux de soi même non seulement dans les combats, mais aussi plus largement dans tous les moments de la vie.

Yue Fei devint un grand général dont les connaissances et les exploits ont suscité de féroces jalousies au sein de la Cour Impériale. Sa gloire légendaire et sa vertu ont traversé les temps.

Une représentation de “Zhou Tong” enseignant l’Art du tir à l’arc à Yue Fei, montre le Maître entouré symboliquement de différents disciples pratiquant des armes nobles classiques: l’épée, la hallebarde et l’arc.

On relève la posture toute particulière de Yue Fei en armement de tir. Cette forme de posture était en faveur dès la dynastie des Song, une autre gravure de l’époque Ming, donne tous les détails techniques de cette façon de tirer à l’arc. (v. « KŪNG DAO » ou Voie de l’arc » auteur: G. DEPREUX  ed. Dervy )

Par comparaison avec la méthode debout symétrique, la méthode prônée par Maître Zhou Tong, porte l’exercice de l’Art du tir à l’arc à sa plus haute expression en “kung fu”.