ENERGIE – Energies

« ENERGIE », de l’Occident à l’Orient, le mot aura ici des sens phénoménaux précis. Ailleurs, il recouvrira des perceptions empiriques aux contours mystérieux, sinon confus, la suggestivité marque toute la palette des ressentis.

Des expressions courantes traduisent explicitement les capacités du moment, le degré de possessions de moyens d’action ou d’être (être en pleine forme, avoir de l’énergie à revendre, avoir les idées claires). Chacun appréciera, en fonction des circonstances, d’avoir la sensation physique et la perception mentale de maîtriser toutes les formes possibles d’énergie, voire de l’instrumentaliser à dessein et à volonté.

Dans la culture asiatique, les deux aspects ne sont pas contradictoires, en ce sens qu’ils procèdent d’une certaine efficacité en soi. Objective et/ou subjective, la force de la nature définit aussi les contours d’une « force de caractère » propre à chacun. Ainsi, toutes sortes de formes d’énergie n’alimentent-elles pas tant les motivations que les modalités de la vie en général ?

L’énergie n’est pas « palpable » dans sa nature cependant que l’on en ressent les effets. Elle est potentielle, intrinsèque, non agissante, la voilà qui « renaît », se développe, se résorbe, se transforme, s’épuise, se disperse, se concentre, etc …

Energie chimique – électro magnétique – mécanique – thermique – nucléaire qualifient rationnellement des modes de production et d’animation d’énergies.

L’ordre de l’Univers est régi en lui-même par (de) l’énergie. En découle une interdépendance entre tous les éléments qui le constituent. Telle évolution ici induit là-bas des changements, tel que l’on admet par conséquence aucun fixisme du Tout. « Du battement d’aile d’un papillon … à l’ouragan dévastateur ? »

D’autres conceptions plus imaginatives abondent l’esprit au travers de subtiles impressions qui sont autant d’ouvertures sur la subjectivité de l’ineffable.

 

L’ÉNERGIE EN DAO..


On dit que « le Dao » se manifeste par la vertu d’un principe d’animation universel : le « Qi ». Le « Qi » est énergie primordiale, puissance intrinsèque qui se distribue en tout selon deux modalités, concomitamment opposées et complémentaires, dites « Yin » et/ou « Yang ».L’effet est « bipolaire » : centrifuge en « Yin » et centripète en « Yang ». La figuration orbitale de la circulation énergétique donne aussi une idée de mouvement perpétuel, sans début ni fin.

L’énergie de l’Univers est partout, traverse tout, circule par variations dues à la nature et à l’état des éléments du macrocosme. Chacun des éléments est, en lui-même, microcosme, le corps lui-même « subit » ou « médiatise », entre ciel et terre, l’influence du « Qi ».

Par ailleurs, consciemment ou non, nous sommes soumis aux influences de notre environnement : aux énergies terrestres et cosmiques, aux alternances temporelles des saisons, des lunaisons, des jours, etc. … Elles ont assurément une incidence sur nos propres rythmes, nos cycles chrono biologiques, nos variations physiologiques et psychologiques en général.

Las ! Le « Qi » est invisible comme l’air, il ne se perçoit pas au travers de l’extéroceptivité cependant que la proprioceptivité le vit dans ses causes et ses effets. Excès ou déficits sont vécus comme des mal-être, la bonne thérapie passe par l’optimisation fonctionnelle en « Qi ».

Très concrètement, les états de tension – détente, sont corrélés aux stimuli extéroceptifs et proprioceptifs, le mental y va de son interprétation ce qui démontre l’importance d’une prise en compte globale de toutes choses.

L’esprit éduque le corps, le corps interpelle l’esprit jusqu’à ce que cette interdépendance formalise une résultante d’adaptation. L’efficacité des conditionnements requiert une discipline dans laquelle le mental a une situation centrale émettrice – réceptrice. S’instaure alors une sorte de dialogue intérieur impliquant tous les systèmes physiologiques – physiques – psychiques ; peuvent ainsi se créer toutes les conditions d’une harmonie déliée et pleinement ouverte sur l’essentiel.

Le « Qi » conditionne notre vie. Les adeptes des arts taoïstes l’entretiennent par leurs modalités de vie naturalistes et surtout en l’activant avec des pratiques appropriées (nb: la respiration).

Le « Qi » se concentre, ou se focalise, en certains points du corps dont le plus important en rayonnement est le « Dan Tian », appelé aussi chaudron, véritable creuset de notre alchimie interne. La circulation du « Qi » emprunte une trame en faisceau constituée pour l’essentiel par douze « méridiens » .

 

LA REGULATION DU « QI »ou la vertu du « Qi Gong »


Au travers des « dao yin », le « Qi Gong » est enraciné dans des traditions légendaires qui remontent à la nuit des temps. Combien de maîtres en la matière ont, à l’instar des « Wushu », alimenté les légendes pour mieux magnifier leur art. Reste que les « dao yin » en « Qi Gong » appartiennent, depuis des lustres, au corpus des thérapies et arts de vivre traditionnels chinois.

Issues du chamanisme, ces pratiques au demeurant auréolées de mystère, ont la vertu magique d’imposer un empirisme troublant à l’esprit des hommes.

Le pratiquant de « Qi Gong » adapte, qualifie, quantifie, préserve toutes les implications interactives des éléments. Il est évident que la fonction déterminante est la régulation du mental. Étre capable de passer de la pensée au non penser favorise le dégagement du temporel et induit la sérénité.

L’animation de toutes choses procède du « Qi », en découle leur équilibre, leur synergie, leur neutralité apparente. Pour les êtres conscients que sont les hommes, tout se ramène à une locution symboliste « Qi Gong » signifiant schématiquement « Maîtrise de l’énergie vitale ». Quant aux exercices pratiques qui favorisent la circulation optimale de cette énergie on les nomme « Dao Yin ». Il en existe différents types, selon qu’ils sont destinés à la santé, au bien être en général, ou plus particulièrement orientés vers les arts martiaux.

La régulation  énergétique, se « pratique » premièrement au travers d’une gestuelle coordonnée intimement avec différentes formes de respiration. Lors de situations méditatives, tout se ramène à la détente posturale immobile, associée à la respiration. La concentration, en ce sens, conduit ensuite aux visualisations de toutes natures. Au-delà, la dissolution des pensées et autres « états d’âme » conduisent à la vacuité et peut-être à autre chose…

Empirisme d’Asie ou rationalisme occidental, chacun perçoit à sa manière le rayonnement des perceptions symbolistes. Les dao yin en « Qi Gong » relèvent d’une alchimie complexe par laquelle l’homme est un tout à l’image d’un grand tout. Les souffles de vie qui nous environnent et nous pénètrent manifestent l’énergie essentielle à notre vie. Pour autant, nous  ne saurions voir unique panacée en un seul point focal de l’esprit. La quête des mieux-être emprunte souvent des voies « déroutantes », sinon paradoxales, en Orient comme en Occident.