ÉDITO 2017

PHILOSOPHIE ET TIR À L’ARC…..

TIR À L’ARC ET PHILOSOPHIE….

Dans la première partie du titre, le “et” suggère une distinction entre la philosophie et le tir à l’arc. La suite de l’intitulé incline à penser que du tir à l’arc, découlerait une philosophie.

En fait dans les deux acceptions, le tir à l’arc est à la fois sujet et objet, il est soit au centre, soit en périphérie d’une philosophie se rapportant à une façon d’être.

Ces distinctions apparentes ramènent aux différences culturelles qui caractérisent l’Orient de l’Occident, c’est à dire: d’une part, l’être n’est qu’un élément constitutif de la nature; de l’autre, l’être est le point focal de toute considération sur la nature.

Cependant il ne s’agit point ici de choix manichéen, mais de concilier les deux sans que l’intelligence ignore ou occulte la nature de tous les êtres et de toutes les choses. Quand à la conscience des êtres et des choses, il faut bien admettre que la notion  d’impermanence espace-temps n’est pas des plus simple à considérer dans un monde ou le paraître atteint des sommets.

 

Pragmatisme et efficacité ont leur place sous le signe cosmique du Tao dès lors qu’il s’agit “d’animer” une chose: un arc, pour en faire la meilleure part de sa propre énergie physique et mentale, aussi intimement concomitants que le yin et le yang.

 

Revenons au pragmatisme et laissons les illusions à ceux qui s’y accrochent. Voyons plutôt du coté efficacité, comment s’engager au mieux dans les méandres de l’art. En néophyte “mieux vaut penser que dire” en toute humilité, et méditer à propos de la vacuité chez le jeune enfant.

 

Premiers pas

 

Les plus grands philosophes chinois ont glosé sur l’art du tir à l’arc, et pour cause, la discipline était réservée à l’armée impériale, son efficacité jamais dépassée en faisait l’arme d’élection des nobles. Un Maître de l’arc dit:

 

Il y a dix-huit arts martiaux, l’arc est le plus éminent,

il y a trente-six armes l’arc est roi…”

 

Le tir à l’arc était considéré comme un “don du Ciel” avec cinq autres dont: la calligraphie, la musique, la conduite d’attelage, les rites, et les nombres. Il était une des épreuves d’importance lors des examens de recrutement à tous les niveaux, des fonctionnaires, officiers et dignitaires de l’État.

 

Certes tous ceux qui pratiquaient le tir à l’arc ne devenaient pas des philosophes. Maîtres et élèves, ils s’en tenaient aux résultats, pour ce que cela leur apportait de considération et de situation sociale.

D’autres considéraient la dimension transcendante de la pratique et en tiraient une acception de la philosophie, propre à leur culture et à leurs traditions cosmogoniques.

 

Dans ces deux “espaces” ou acceptions de la pratique du tir à l’arc en Chine, le socle était techniquement identique. Apprendre à se servir d’un matériel de tir, d’un arc et d’un projectile pour atteindre une cible! Un point c’est tout et pour qui connait quelque peu le tir à l’arc, il ne faut pas “se la jouer” comme on dit aujourd’hui.

Dans les temps anciens, ce qui différait, était la pédagogie d’intégration de l’art martial. Deux approches que l’on retrouve de semblable manière aujourd’hui:

 

> Le conditionnement gestuel par des automatismes jusqu’à la meilleure performance possible. On entend souvent parler de “sensations” en compétition!

> La connaissance de soi, du corps et de l’esprit, l’intégration de l’externe dans l’interne et vice versa ; l’osmose entre le sujet (l’archer) et l’objet (l’arc, la corde, la flèche) jusqu’à fusion indifférenciée en un tout.

 

Reste que dans tous les cas, il faut passer par l’apprentissage des mêmes gestes techniques!

 

Les discours ésotériques à-priori, ne tiennent pas “la Voie”, dés la prise en main du matériel. Sauf…..sauf à vouloir se réserver ses secrets, pour garder la dépendance du disciple, illuminé par l’aura de son Maître, ou l’assujettir au gagne pain du même. (ce qui pouvait se comprendre dans les anciens temps). Aujourd’hui, si les vrais Maîtres sont rares! Pour autant nous dirons ici que, offrant tous les “secrets” en tir à l’arc “Kung Dao” ou Kyudo à tous ceux qui touchent un arc, seule une infime minorité de ceux-ci, sont capables de les recevoir et d’en percevoir l’essence.

En pratique

 

Ce qui retient ici notre attention, n’est pas LA performance, elle n’est qu’un aspect purement informel, découlant de la  CONNAISSANCE DE SOI puis de la maîtrise de soi.

D’emblée, nous entrons dans le vif du sujet, dès lors que l’on évoque la connaissance et la maîtrise de soi, voilà qui conduit nos premiers pas sur la “Voie”, dans l’espace du Qi Gong.

 

Le “qi gong”… maîtrise des énergies… mais de quelle maîtrise parle-t-on? et….à quelles énergies fait-on allusion?….Nous revoilà (re)plongé dans toutes sortes de logorrhées ésotériques. L’irrationnel a pour vertu de faire paraître savant les individus qui par leur discours abscons, donnent à penser sans que raison s’impose.

 

G Dx 2017

 

 

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ÉDITO 2016

L’APPEAU DES ILLUSIONS

Au travers de la plupart des démarches exotiques, la personne en recherche, vise à trouver un bien-être physique et psychologique, en essayant des voies de ressourcement différentes de celles de sa propre culture. Ce cheminement est censé permettre au cherchant de devenir «une personne qui fonctionne pleinement » et donc trouver son plein accomplissement en tant qu’individu au monde.
Dans le domaine des spiritualités, la personne recherche la révélation d’un univers psychique propre à vivre une sorte “d’état de grâce” qui illuminerait de sa conscience.
Les options souvent se croisent, et la recherche se résume souvent à des conforts d’états psychologiques, qui font que l’on  tend à trouver une harmonie optimale dans sa traversée de la vie au quotidien.
Dans le panel des arts dits “internes” ou “externes” d’Extrême Orient, présentés comme paradigme de l’efficacité, les concepts de “Voie” intiatique, de bien-être physique, de maitrise mentale, de spiritualité ineffable etc. abondent l’originalité des quêtes personnelles.
Corollairement des intérêts pragmatiques afférents à ces quêtes sont apparu sur le marché des “produits” censés répondre à toutes l’apparente diversité des “quêtes” tant implicites qu’explicites. Des promoteurs de spiritualités, aux praticiens des remise en forme, sans oublier les supporters de soi que sont les “coaches” abondent le marché. Le critère majeur d’un retour sur investissement est de faire en sorte de ne pas décevoir l’appétence du profane pour l’exotisme, aussi doit-on anticiper constamment la diversification de  l’offre.

“La Vertu ne va jamais seule, elle attire toujours les imitateurs “
Confucius
Les tendances hédonistes des différents publics se satisfont de “butiner” ici et là sans trop de questionnement ni d’engagement participatif autre que ludique. L’offre s’en tient au “tout prêt” et au “tout compris” propre à séduire les nomades du bien-être.

D’autres courants considèrent que chaque individu possède en lui des capacités d’accomplissement à découvrir. Ils entretiennent un climat d’accompagnement constructif personnalisé. Dans cette perspective bien comprise, le public est moins volatil dans l’effort d’implication.
Trois paramètres essentiels conditionnent un climat de confiance entre “Maître” et “étudiant”.

> En premier lieu, la volonté d’investissement nécessaire de ce dernier dans le temps et dans l’espace.
> L’assurance que le niveau des compétences  du prestataire soit passé par un  type de validation  officiellement reconnu.
> Qu’il n’y ait aucune la rétention d’information, ni d’artifice ésotérico-culturel dans la formation.
Parmi nombre de pratiques, dites de “sagesse”, dans l’ouverture initiatique au “Kūng Dao”, point d’ésotérisme fallacieux, de spéculations délirantes, pas plus de commerce de dupe, sous couvert de “Maîtres” au “kilomètre”, ni d’hérédité  à la “Du pong”. En tout état de cause, les “mystères” de la connaissance, demeurent dans l’esprit de celles et ceux qui ne donnent pas ce qu’il faut d’eux même, pour en découvrir la réalité première. Quant aux enseignants….si c’est au pied du mur qu’on voit le maçon….on peut en dire autant de la connaissance de l’Art du tir à l’arc!

“L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner, ensuite il enseigne.”
Confucius
Extrait des Entretiens du Maître avec ses disciples

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EDITO 2014-2015

DU BONHEUR

ET DU TIR À L’ARC…

Le “bonheur” est une notion singulière, résultant d’émotions sans autre rationalité que la réalité de l’instant vécu. Comme l’amour, le bonheur prend toute sa dimension dés lors qu’il nous fait défaut. Il semble bien que notre consumérisme profus en éprouve le manque!

 

Le bonheur est un produit en vogue. Produit? Le terme interpelle le bon sens. En effet, n’est-il pas présenté comme tel sur nombre de rayons : de sites; d’officines d’assistances à la personne. La promotion de méthodes censées assurer le bien-être se présente sous toutes sortes d’emballages et s’affiche sous  les plus séduisants sourires.

 

Aujourd’hui les promoteurs du “bonheur” donnent à croire que cet état ne dépendrait que de notre inadaptation à relativiser les contraintes sociales et sociétales de notre temps. Cette insatisfaction latente, et toutes sortes de frustrations, seraient les principes  générateurs de nos maux d’être.

 

Deux types de remédiations sont proposées:

 

- l’une suggère de (s’) imposer un schéma comportemental positiviste, tenant de la méthode Coué!

- L’autre, conduit à une constante autocritique, et à l’acceptation que ce qui trouble l’individu ne relèverait en fait que d’une vision erronée de ses perceptions.

 

Dans les deux cas l’objectif est la soumission sans condition à un formatage des pensées et des actions selon les modélisations en vigueur.

 

À l’époque du tout exhibé, l’humain est constamment exposé au regard de ses semblables.  La nature de  cette relation est interactive, l’alter égo renvoie à la conscience de soi. C’est au travers de cette représentation de l’ego, que les notions classiques de bonheur, exacerbent aujourd’hui toute la subjectivité de leur palette impressionniste… D’où la déclinaison à l’infini des frustrations de bonheur. Et moi et moi et moi comme dit la chanson…

La pratique du tir à l’arc en général et dans ses acceptions philosophiques en particulier, conduit souvent à une cruelle objectivation de l’image de soi dans le réel.

En effet tirer à l’arc c’est envoyer une flèche, si possible en plein centre de la cible, lequel est toujours d’une “neutralité” sans concession.

 

L’archer est focalisé sur le point central, s’il n’obtient pas suffisamment de réussites, il lui semblera que son image sera plus ou moins (dé) valorisée dans le regard des autres. De là à ressentir un certain manque à être tout court il n’y a qu’un pas. Or cette image empreinte de subjectivité, est génératrice de frustration(s) et par là même induit des compensations dénaturantes de tous les possibles en soi. Dés lors les moments de plaisir, alternent avec les moments de déplaisir, la confiance en soi en prend un coup .

On observera que chacun à sa manière affronte cette problématique selon sa façon de considérer l’importance du regard des autres. Pratique sportive ou pratiques rituelles exotiques rien ou peu n’y change, que les apparences.

 

Il est vrai que la pratique du tir à l’arc à haut niveau, procure des joies non négligeables. Mais tout a une fin, le crépuscule des dieux du stade ou celui des maîtres haut de gamme, balaie nombre d’illusions. Les archers seraient-ils particulièrement masochistes?

Pour autant, l’initiation de son lumineux cheminement n’est jamais programmable, bien fat qui oserait le croire. Comme pour la pratique sportive, au tir à l’arc il faut en passer par les savoirs pour espérer trouver “sa” Voie.

La perception de l’épanouissement en soi apparaît inopinément, il n’est pas continu cependant que l’instant d’après, sa trace demeure encore dans la mémoire, quand bien même le résultat au tir n’apparaît plus optimal.

Le bonheur là comme ailleurs, c’est d’avoir perçu tout les possibles en soi, cet “ainsité” incomparable. Là est la vertu de la “vacuité”, là est la Voie…

 

Alors elle est pas belle la vie d’archer?

 

GÉDEIX

 

 

Éditoriaux 2013

TIRER À L’ARC: UN JEU D’ENFANT???

Voyant un archer en situation, la plupart d’entre nous avons (eu) notre imagination d’enfant remonter à la surface des fantasmagories juvéniles. Ce temps  s’est éloigné, bousculé par d’autres envies plus “à la mode”.

Certains d’entre nous ont, à l’occasion, renoué avec le tir à l’arc, en loisir, voire en sport de compétition. Toutes et tous n’ont pas tardé à se rendre compte que l’arc n’était pas le jeu qu’on croyait, il fallait, outre l’effort, beaucoup de rigueur gestuelle pour être précis, mais surtout et nous dirons, avant tout, un très rigoureux travail sur le mental. Alors là, fini les petits sourires condescendants sur les “indiens” comme sur les “pétanquiers”.

 

J’ai pratiqué la discipline dite “tir olympique” en tant qu’athlète de haut niveau, j’entraine encore des compétiteurs et compétitrices de niveau mondial et là, on ne joue plus. Ceux qui n’ont pas pratiqué à haut niveau ne peuvent pas s’imaginer ce que cela représente d’investissement technique; physique et encore bien au-delà, de maîtrise mentale.

 

Aujourd’hui et ici j’évoquerais la Voie de l’arc dans ses trois “degrés” selon les traditions chinoises passées, et la résurgence de cette philosophie. J’ai pu constater que le “point central” qui transparait dans les discours sur les wushu, avec ou sans armes, c’est: (ce) fameux “mental”. Mental de tel contre mental de tel autre? Mental par rapport à l’en soi? Mental dans le regard de l’autre? Si j’osais, je dirais qu’il s’agit en fait de la relativité de sa propre “vérité” par rapport à celle de l’autre, ou dans la solitude de l’exercice individuel, de la vérité du quant à soi egotique.

Dans la pratique du tir à l’arc, paradoxalement, le plus dur n’est pas la situation de concours ou de quelque situation de comparaison duale à l’autre, le plus “ingrat”, c’est le tir seul à seul face à cette cible-miroir-de-soi-même. Et je me répèterais encore ici en disant encore: là on ne joue plus, sauf à vouloir s’illusionner.

Alors pourquoi s’étonner que le “compétiteur” affecte le détachement dans l’insuffisance et assure alentour ne pratiquer  qu’en dilettante. Pourquoi s’étonner que tant de maîtres en kilomètres de wushu, évitent d’afficher par le tir à l’arc, la vérité absolue de leurs talents?

Je vous invite à méditer sur les propos de maître Kong, il assurait que l’on pouvait connaître les vertus d’un homme en l’observant au tir à l’arc.

 

Pour pratiquer l’art du tir à l’arc, ne faudrait-il pas avoir gardé un coeur d’enfant?

 

“Les traditions ont leurs  raisons que les raisons du  sport n’ont pas….”

Un évènement d’importance échappe chaque année à l’attention de la multitude d’écoles; de “familles”; de styles; pratiquant arts martiaux et/ou arts dits “internes”. Sans doute est-ce parce que chacun se satisfait de vivre dans son univers clos.

Cet évènement ne fera jamais non plus la une des magazines sportifs, d’ailleurs il n’a rien à y faire! Parle-t-on de championnats, de records, de médailles, voire même de dérives lorsqu’il s’agit d’Arts Traditionnels? Il est vrai que l’on commence à voir des joutes traditionnelles glisser insensiblement vers le spectacle sportif.

 

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Bouthan:  Tir traditionnel avec des “arcs” compounds ultra modernes (cliché internet)

 

L’évènement dont il est question plus haut, c’est la Convention des “Arts Classiques du Tao”. L’adhésion à ce groupement original tient à ce que rappelle son initiateur Georges CHARLES, (Maître en Arts Classiques Taoïques et autres Enseignements traditionnels):

 

“….nous ne nous reconnaissons pas dans une fédération unique dont le seul but est d’aboutir dans le giron olympique et de transformer des Arts de Vie en sports de combat, …..d’abandonner peu à peu la spécificité des écoles qui, pour ces mêmes raisons, ont pour la plupart disparues de Chine.

Nous souhaitons simplement que les pratiquants puissent pratiquer, que les enseignants puissent enseigner et que les pratiquants qui désirent enseigner puissent le faire en respectant le système qui a toujours existé au sein des écoles représentatives de ces Arts Classiques du Tao. Et ceci depuis des siècles…….nous revendiquons haut et fort la capacité de nos Enseignants, Membres de cette Convention, à transmettre un héritage historique et culturel spécifique.”

C’est cette ouverture contemporaine aux arts de tradition qui fait l’extraordinaire richesse des échanges au sein de la “Convention des Arts Classiques du Tao”. Tous ses membres se reconnaissent dans cette convergence d’esprit autour de ce que représentent les notions de “tradition” culturelle et “d’authenticité” d’expression.

 

GÉDÉIX

 

Éditoriaux – 2012

MÉDITONS, MÉDITONS, MÉDITONS…. MAIS PRATIQUONS!

 

ON SE CALME!

 

Au risque de donner l’impression de ramer à contre courant de toutes les modes, de tout ce qui est “tendance” à propos de “bien-être”, de tradition “authentique”, de thérapies toujours aussi “douces” et…. ”naturelles” bien sûr!!!, la réalité pratique de terrain n’apparait pas vraiment: ni douce ni gentiment “naturelle”.

Le vécu de la modernité nous entraine dans un tourbillon frénétique saoulé de vitesse et d’attentes frustrantes. Eh oui nous les humains du XXI è siècle formons une tribu agitée de besoins toujours plus insatiables et d’espoirs impossibles. La sauvagerie du monde moderne n’a, d’une certaine manière rien à envier au tribalisme antique.

 

ZAPPING CONSO!

 

Nous vivons en zappant sur le réel, et surfons à la surface des choses; il nous reste sur la peau les hématomes, témoins des chocs profonds du réel. Le dernier “truc” tendance pour nous aider à faire passer ce que plus ou moins consciemment, nous reste sur l’estomac, serait: LA MÉDITATION!!!

De cette méditation, je ne vous parlerais point, internet regorge de bonnes adresses, d’excellents gourous; coaches et autres thérapeutes du mal être. La “méditation”? La Palisse la dispute au monsieur Jourdain de Molière, vous êtes sans doute déjà passés par là sans forcément l’avoir identifié en tant que telle.

La méditation est un point de vie, et de vue, par lequel on passe et l’on revient autant de fois que nous enrichissons notre vie d’épanouissements furtifs, d’épanouissements dans la maîtrise de soi et….surtout par soi! Car voyez-vous, ce que nous choisissons de faire, de penser, de ne pas faire, de ne pas penser, voilà qui est propice à la méditation.

Ce n’est pas dans la facilité proposée au rayon “ésotérisme” que se trouvent les idées pertinentes relatives aux “bons choix” espérés. Nous y trouvons à consommer sans modération: “bidulage pour les nuls”; la “bidulologie en dix leçons sur dvd”; “stage d’été de bidulologie en l’Ardèche” etc.

 

ILLUSIONS ET RÉALITÉS

 

Ici même s’agissant de “Kung Dao”, l’esthétique gestuelle du tir à l’arc, l’expression corporelle des daoyin, l’évocation de “la Voie”, la pensée taoïque, la pensée bouddhique c’han, pourraient faire croire à des panacées. Elles n’existent que dans l’imagination profane autant que dans les spéculations mystiques.

Non, nous ne sommes ni gourous, ni thérapeutes, ni animateurs de loisirs, nous avons vocation, au travers de l’Art du tir à l’arc rituel chinois ou “Kung Dao”, de tendre vers l’épanouissement dans la transformation de soi…par soi même! Cette sagesse “en soi”, ne survient pas par la grâce divine ou par la magie d’une tradition antique, elle se révèle, venant du plus profond de soi-même, petit à petit, après des efforts assidus dans une pratique choisie. Ainsi s’ouvre un véritable espace de méditation sur l’être en soi, sur sa propre nature, sur sa place parmi tout un chacun, sur son lieu au coeur de la Nature, et dans l’univers!

 

“Méditons… méditons… méditons, saisissons toutes les occasions!”

 

GÉDÉIX

 

Éditoriaux – 2011

 

Bienvenue sur notre site, le premier consacré en Europe au tir à l’arc rituel chinois, “grand parent confucéen” du Kyudo japonais: le

“KŪNG DAO”

Nous souhaitons vous faire partager notre longue expérience dans un art martial considéré en Chine impériale comme le plus éminent. Certes tout ne peut être développé ici, ce serait trop long au risque d’être assommant, pour autant, vous pourrez en avoir un sérieux aperçu, et si vous le souhaitez, avoir envie d’être initié(e) dans:

“La VOIE de l’Arc”

“Points de vue”

EST-CE POSSIBLE…

“Tout un chacun a pu s’entendre dire qu’il était inimaginable pour un occidental de comprendre les “mentalités” d’Asie, et en corollaire d’en “décrypter”  leurs fondements.

Cet a priori, voire ce postulat, est-il fondé?

La différence entre les cultures d’un continent à un autre, tient fondamentalement au mode d’expression des idées, et des perceptions affectives, tenant à la cosmogonie et aux archétypes de chaque société. Le code éthique attaché à l’environnement, sert de catalyseur relationnel entre les membres du groupe et ajoute à sa singularité.

Cependant, le dénominateur commun à toute l’humanité, demeure dans tous les cas, la psychologie fondamentale inhérente à l’espèce.

En effet si tel n’était pas le cas, comment imaginer que des occidentaux, n’ayant aucune compréhension des dialectes d’Asie, puissent néanmoins intégrer la philosophie des arts martiaux dans le même esprit?

Et d’autre part comment concevoir que des orientaux pratiquent avec un talent hors pair, des arts représentatifs des sensibilités occidentales?

C’est dans l’apprentissage respectueux des singularités de l’autre, que les différences de traditions ne constituent pas nécessairement un obstacle entre des êtres humains de bonne volonté.”

Gérard DEPREUX 2011

(Maître d’arme. Breveté d’État en tir à l’arc)

 

« Points de vue »

L’APPEAU DES ILLUSIONS…

Au travers de la plupart des démarches exotiques, la personne en recherche, vise à trouver un bien-être physique et psychologique, en essayant des voies de ressourcement différentes de celles de sa propre culture. Ce cheminement est censé permettre au cherchant de devenir «une personne qui fonctionne pleinement » et donc trouver son plein accomplissement en tant qu’individu au monde.

Dans le domaine des spiritualités, la personne recherche la révélation d’un univers psychique propre à vivre une sorte “d’état de grâce” qui illuminerait de sa conscience.

Les options souvent se croisent, et la recherche se résume souvent à des conforts d’états psychologiques, qui font que l’on  tend à trouver une harmonie optimale dans sa traversée la vie.

Dans le panel des arts dits “internes” ou “externes” d’Extrême Orient présentés comme paradigme de l’efficacité, les concepts de “Voie” intiatique, de bien-être physique, de maitrise mentale, de spiritualité ineffable etc. abondent l’originalité des quêtes personnelles.

Corollairement des intérêts pragmatiques afférents à ces quêtes sont apparu sur le marché des “produits” censés répondre à toutes, tant implicites qu’explicites. Des promoteurs de spiritualités, aux praticiens des remise en forme, le marché fait en sorte de ne pas décevoir l’appétence du profane pour l’exotisme, en développant la diversification de  l’offre.

“La Vertu ne va jamais seule, elle attire toujours les imitateurs “

Confucius

Les tendances hédonistes se satisfont de “butiner” ici et là sans trop de questionnement ni d’engagement participatif autre que ludique. L’offre s’en tient au “tout prêt” et au “tout compris” propre à séduire les nomades du bien-être.

D’autres courants considèrent que chaque individu possède en lui des capacités d’accomplissement à découvrir. Ils entretiennent un climat d’accompagnement constructif personnalisé. Dans cette perspective bien comprise, le public est moins volatil dans l’effort d’implication.

Trois paramètres essentiels conditionnent un climat de confiance entre “Maître” et “étudiant”.

> En premier lieu, la volonté d’investissement nécessaire de ce dernier dans le temps.

> L’assurance que le niveau des compétences  du prestataire et le type de validation de  celles-ci sont recevables.

> Qu’il n’y ait aucune la rétention d’information, ni d’artifice ésotérico-culturel dans la formation.

Parmi nombre de pratiques, dites de “sagesse”, dans l’ouverture initiatique au “Kūng Dao”, point d’ésotérisme fallacieux, de spéculations délirantes, pas plus de commerce de dupe, sous couvert de “Maîtres” au “kilomètre”, ni d’hérédité  à la “Dupond”. En tout état de cause, les “mystères” de la connaissance, demeurent dans l’esprit de celles et ceux qui ne donnent pas ce qu’il faut d’eux même, pour en découvrir la réalité première. Quant aux enseignants….si c’est au pied du mur qu’on voit le maçon….on peut en dire autant de la connaissance de l’Art du tir à l’arc!

“L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner, ensuite il enseigne.”

Confucius

(Extrait des Entretiens du Maître avec ses disciples)

Gédéix 2011